Bangui – République Centrafricaine – Mai 2025 / Hôtel Kitika
Unité des religions, source de paix et de transformation sociale en République Centrafricaine Dans un contexte marqué par des tensions sociales, politiques et religieuses, le Bureau national des affaires extérieures avait initié un premier dialogue interreligieux avec les Leaders de la communauté Musulmane de Centrafrique, le 12 août 2023, autour du thème « le dialogue interreligieux comme canal de transmission de paix ». Dans la poursuite de ce même objectif, au mois de mai 2025, le bureau a organisé un deuxième espace avec les leaders chrétiens et d’autres acteurs sociaux sur le thème : « L’unité des religions, source de paix et de transformation sociale ». Ce dialogue visait à faire émerger une réflexion commune sur la capacité de la religion à devenir un levier de cohésion et de progrès pour la société centrafricaine. L’événement s’est déroulé dans une ambiance profondément empreinte de camaraderie, de coopération, de fraternité et d’amour mutuel entre les participants. Ces valeurs morales fondamentales ont façonné un climat de respect, de confiance et de solidarité, favorisant une écoute sincère et un dialogue constructif. Cette atmosphère harmonieuse a permis de dépasser les différences doctrinales et culturelles pour faire émerger un esprit d’unité, centré sur le bien-être collectif et la paix durable. Ce rassemblement a permis aux leaders religieux présents de se consulter autour du thème central de la rencontre. M. Vahid-Ergis MADOUNGOU, secrétaire du Bureau national, a introduit les travaux en insistant sur l’importance de l’unité religieuse pour surmonter les conflits identitaires, l’extrémisme et les inégalités sociales. Il a rappelé que « le bien-être de l’humanité est inatteignable sans l’unité », ajoutant que chaque religion véhicule des valeurs universelles comme l’amour, la justice et le service. Le dialogue interreligieux, selon lui, doit être une plateforme de consultation sincère et constructive, non un lieu de confrontation. M. VOAMA Geoffroy, secrétaire de l’Institution nationale bahá’íe de Centrafrique, a exposé les obstacles à l’unité religieuse : préjugés ethniques, religieux et culturels. Il a exhorté les leaders religieux à abandonner le fanatisme et à œuvrer pour l’unité du genre humain, rappelant que la religion peut inspirer des actes nobles. Il a cité : « L’humanité ne pourra parvenir au bien-être, à la paix et à la sécurité tant qu’elle n’aura pas fermement établi son unité ». Le Docteur Clément FEIZOURE, directeur de l’organisation FoNaHA d’inspiration bahá’íe, a abordé le rôle moralisateur de la religion. Il a souligné que le manque d’éducation morale et spirituelle est à l’origine de nombreux problèmes en RCA. Il a plaidé pour une éducation intégrant les dimensions matérielle, humaine et spirituelle de l’être humain. Selon lui, l’action sociale doit s’appuyer sur des principes spirituels et permettre à la population de prendre en charge elle-même son développement. Le prêtre Marcelin a évoqué les obstacles doctrinaux à l’unité interreligieuse, notamment la tendance à considérer sa propre religion comme supérieure. Il a souligné que le pouvoir appartient à Dieu et que le dialogue doit aller au-delà des paroles pour se traduire en actions concrètes. Cyriaque LAMBA, membre de l’Institution nationale bahá’íe, a appelé à dépasser les divisions religieuses pour construire une paix durable. Il a affirmé que : « l’unité religieuse est indissociable de l’unité humaine », concluant avec la belle citation : « Vous êtes les fruits d’un seul arbre, les feuilles d’une même branche et les fleurs d’un seul jardin ». Le Père Justin NDEMA, représentant le Cardinal centrafricain, a exprimé son plein soutien à l’initiative. Il a salué le dialogue comme un chemin vers une Centrafrique plus unie et fraternelle. Il a souligné que « la guerre est l’incapacité d’aller à la recherche de l’autre dans un esprit d’amour et d’unité ». Il a encouragé à ce que le dialogue débouche sur des actions visibles, comme la construction en cours d’une Maison de la paix par la Plateforme interreligieuse. Le pasteur Emmanuel, représentant la communauté protestante, a qualifié l’initiative de pont entre les confessions. Il a rappelé que l’amour du prochain est le fondement de toute action religieuse et a plaidé pour une collaboration continue face aux défis sociaux communs. Au-delà des échanges, cette rencontre interreligieuse a été un véritable creuset d’idées et d’engagements constructifs. Elle a contribué à réduire la méfiance longtemps installée entre les communautés religieuses, en instaurant un climat de confiance mutuelle. Grâce à l’écoute attentive, au respect des différences et à la reconnaissance des valeurs partagées, les participants ont pu dépasser les stéréotypes et tisser de nouveaux liens fondés sur la fraternité et la solidarité. Ce cadre propice au dialogue a aussi permis de mettre en lumière plusieurs initiatives déjà en œuvre en République Centrafricaine. Parmi celles-ci figurent la Plateforme interreligieuse pour la paix, l’Association des Églises Évangéliques de Centrafrique (AEEC), le Conseil épiscopal, le Centre de dialogue interreligieux catholique, la Commission d’œcuménisme catholique, le COCEB, ainsi que divers ateliers interconfessionnels. Ces structures, qui œuvrent dans la discrétion, se sont révélées être des piliers importants du tissu social et des efforts de paix dans le pays. Par ailleurs, la réflexion collective a débouché sur plusieurs recommandations concrètes, fruit de la volonté commune de rendre ce dialogue durable et actif. Il a été proposé de créer un espace de prière interreligieux permanent à Bangui, symbole vivant de l’unité spirituelle. Un champ agricole interreligieux, cultivé collectivement, a également été suggéré comme projet communautaire fédérateur. De plus, la création d’une plateforme WhatsApp entre les leaders religieux permettrait de maintenir un lien constant et d’échanger rapidement sur les enjeux émergents. . En outre, le bureau souhaiterait organiser la prochaine rencontre en regroupant les leaders Chrétiens, Musulmans et d’autres acteurs sociaux
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